>>Bilan 2002-2012

6 mars 2009
Auteur(e) : 

Paris, le 7 novembre 2012

Après dix ans d’existence, et alors que le programme PREFALC connaît un succès grandissant dans les pays d’Amérique latine grâce à ses qualités scientifiques, sa volonté de dépasser parfois le cadre strict des relations universitaires habituelles, son rôle actif dans le processus de régionalisation latino-américain, son caractère structurant dont on peut juger dans la rubrique "Actualités" de notre site, il est temps de faire un point qui nous permettra d’aller plus loin, et de répondre mieux encore aux souhaits de nos partenaires, américains comme français, ou même européens. PREFALC est un dispositif original dans le paysage universitaire mondial, novateur sans doute, et donc difficile à mettre en place. Il est surtout perçu pour appartenir pareillement à ceux qui en bénéficient et à ceux qui le font, et c’est pourquoi chacun doit être convaincu que, entrer dans PREFALC, c’est entrer dans une équipe travaillant dans le même sens en partageant de nombreux objectifs.


OBJECTIFS

Le programme répond aux objectifs suivants :

> - consolider les accords de coopération en réseau entre des établissements d’enseignement supérieur français et leurs partenaires d’Amérique latine et de la Caraïbe dans le cadre du volet international de leur contrat avec le MEN-ESR,
> - exporter des masters français en Amérique latine et dans la Caraïbe et/ou instaurer des modules de formation élaborés en commun dans les masters des établissements partenaires, mais aussi, désormais, faciliter la mobilité des professeurs américains entre l’Amérique latine ou la Caraïbe et la France pour enseigner leurs cours en France. Sous l’angle de cet objectif, les mots-clés du programme sont ainsi parité et réciprocité dans les échanges
> - encourager la mise en place entre les partenaires du programme de doubles diplômes de niveau master et de doctorats en cotutelle,
> - favoriser l’intégration régionale en Amérique latine et dans la Caraïbe (l’importance du rôle du « troisième partenaire » n’est plus à prouver),
> - promouvoir dans les pays concernés par le programme le système des transferts de crédits européens (ECTS) comme indicateur pour la reconnaissance mutuelle des périodes d’études, la mobilité des étudiants et l’amélioration de la lisibilité et de la transparence des dispositifs d’un enseignement supérieur de qualité.


ORGANISATION GENERALE

Le protocole de coopération est suivi par un Comité d’orientation et d’évaluation coprésidé par le MAEE et le MEN-ESR. Le Comité désigne des experts pour évaluer les projets reçus et suivre le déroulement de ceux d’entre eux qui seront retenus, en liaison avec les délégations régionales et les conseillers des postes diplomatiques français dans les pays concernés. Ces conseillers sont dès le départ impliqués comme des partenaires scientifiques et non pour un simple contrôle a posteriori des projets. D’ailleurs le nombre de projets impulsés à l’initiative des postes est en nombre croissant. Le Comité sélectionne donc les candidatures sur la base des évaluations des experts et des postes. Il a une vision globale sur l’ensemble des projets et peut ainsi apporter son appui à leur mutualisation éventuelle lorsque certaines propositions apparaissent très proches l’une de l’autre (ex : tourisme équitable, universités de Toulouse et de Versailles). C’est la même volonté d’efficacité et de recherche de cohérence scientifique qui a conduit PREFALC à renoncer, après une réunion à Lima en 2006, à la discrimination par sous-programmes strictement régionaux.


THEMATIQUES

Au-delà des relations universitaires qui unissent traditionnellement les pays de l’Amérique latine ou de la Caraïbe et la France, longtemps concentrées sur les sciences humaines, le Comité d’orientation et d’évaluation du PREFALC (qui est un programme concernant l’ensemble des filières universitaires françaises) entend privilégier des thèmes qui favorisent la coopération universitaire entre ces pays et l’Europe dans le plus grand nombre possible de disciplines, et ce en prenant appui sur des dynamiques d’échange déjà existantes mais aussi en en développant de nouvelles. Des thèmes qui sont aussi bien ceux qui constituent des points forts de la politique universitaire française que ceux qui répondent à des besoins pressants exprimés par nos partenaires.

Parmi les thématiques actuellement retenues, on peut citer :
> les sciences et technologies agroalimentaires
> les productions agricoles raisonnées
> la gestion de l’environnement et des déchets
> les sciences politiques et sociales en relation avec les intégrations régionales
> les mathématiques
> les techniques de communication
> les politiques de la ville et du patrimoine architectural
> la chimie appliquée et les contrôles de qualité
> les lasers et leurs applications
> les problèmes liés à la périnatalité
> la mécanique et l’énergétique des fluides
> le tourisme et l’économie régionale

Les délégations régionales et les conseillers en poste du MAE dans les pays concernés contribuent tout particulièrement à l’actualisation régulière de la définition des axes porteurs de collaborations.


LES PROJETS ET LEUR DEROULEMENT

Chaque projet doit impliquer au minimum un établissement d’enseignement supérieur en France et un établissement équivalent dans au moins deux pays latino-américains ou caraïbéens différents qui appartiennent, ou pas, au même groupe régional. La dimension régionale préconisée à l’origine du programme se justifiait par la volonté d’aller plus loin que le bilatéral qui d’habitude régit les relations universitaires et de créer des partenariats multilatéraux durables. Les projets sont proposés par le Bureau des relations internationales d’un établissement français d’enseignement supérieur dit coordonnateur, en réponse à un appel à projets publié chaque année au printemps. Les projets sont sélectionnés sur la base d’une proposition scientifique et d’un budget prévisionnel. Ils font l’objet d’une expertise.
La sélection est faite par le Comité scientifique du programme, au cours de sa réunion annuelle, sur la base des avis des experts et des postes diplomatiques concernés. Elle est ensuite approuvée par le Comité d’organisation et d’évaluation.
Les projets bénéficient du soutien financier du PREFALC sous forme de missions en direction des pays américains concernés (frais de déplacement et frais de bouche pour l’équivalent de 40 à 50 euros/jour selon le pays de mission).

Les projets ont une durée de deux années, renouvelable une fois pour une ou deux années. Ils pourront bénéficier d’un label PREFALC au-delà de la période de leur financement.
L’établissement français sélectionné, par l’intermédiaire du coordonnateur scientifique du projet, est responsable de la mise en œuvre, du suivi scientifique et pédagogique du projet ainsi que de la rédaction des rapports exigés. Il est lié par une convention à la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme (FMSH ). Outre des rapports scientifiques et financiers à mi- et à fin de parcours, les responsables des projets sont tenus de produire des rapports de mission après chaque mission effectuée, afin d’informer scientifiquement de l’avancement du programme.

Tous ces rapports sont évalués, au regard de la proposition initiale, par les experts, les postes diplomatiques concernés et les services comptables de la FMSH. Le coordonnateur du projet représente ainsi le lien indispensable entre les partenaires, le contrôleur du bon déroulement du projet mais aussi le gestionnaire de tout ce qui a trait aux remboursements des missions ou échanges financiers. Il est le seul interlocuteur de la FMSH, qui est en charge du secrétariat scientifique et administratif du programme, pour les aspects scientifiques comme administratifs.


BILAN

Depuis son lancement en 2002, le programme PREFALC a financé 68 projets, impliquant 128 partenaires français et 194 latino-américains issus d’une vingtaine de pays.
Si le programme n’exige qu’un partenaire français, la moyenne atteint aujourd’hui deux partenaires français par projet, en progression depuis la première année. En 2007, le mouvement de maillage du territoire universitaire français par le programme PREFALC s’est renforcé. Sans que ce soit un objectif clairement affiché, ce programme contribue ainsi à une mise en réseau des établissements universitaires de notre pays.
Si le programme réclame au moins deux partenaires latino-américains de deux pays différents dans la zone géographique concernée, les projets fonctionnent en moyenne avec plus de partenaires étrangers que ce qui est ainsi exigé (exactement 2,8 dans 3,4 pays en 2007). A partir de 2007, le renforcement du maillage du territoire universitaire par le programme PREFALC que nous avons constaté dans le cas de la France l’a été également pour les pays d’Amérique latine.
Dans le cadre du PREFALC, les disciplines les plus représentées relèvent des sciences de l’homme et de la société (SHS), de l’agronomie et du développement rural. On assiste aujourd’hui à une diversification des disciplines concernées par les projets déposés, avec notamment le renforcement de l’intérêt pour la gestion des risques naturels et la protection de l’environnement ainsi que pour les sciences médicales. L’observation attentive des quatre années du programme met en évidence un certain nombre de difficultés de fonctionnement par rapport à ce qui était attendu des projets.
Le temps de réalisation des projets PREFALC est parfois supérieur aux deux ans prévus, et ce pour des raisons diverses :

− la différence de calendrier universitaire entre la France et les pays de l’Amérique latine ;
− nombre de projets qui sont proposés ont été pensés sur une base bilatérale. Ils n’en sont parfois seulement qu’à la phase de leur mise en place pour le format « régional » et leur démarrage effectif nécessite en conséquence quelques mois de préparation supplémentaires ;
− lors de cette mise en place certains des projets doivent faire face à des imprévus, comme par exemple le désistement à la dernière minute d’un de leurs partenaires latino-américains, ce qui retarde d’autant la signature des conventions entre les établissements concernés et la FMSH ;
− il y a parfois un manque de suivi caractérisé des projets par l’équipe qui les coordonnent (les différents rapports à remettre ne le sont alors qu’avec beaucoup de retard ; cela a concerné notamment les projets déposés en réponse au premier et au deuxième appels à candidatures, à une époque où le programme PREFALC était encore en rodage.

Il a donc fallu agir à la fois sur l’aide au montage et au fonctionnement des projets, mais aussi sur le contrôle de leurs différentes étapes. Le gel de certains projets acceptés a été mis en place en attente de confirmation des données manquantes. La structuration et la modélisation du programme (avec la définition de procédures standardisées de candidature depuis le deuxième appel à projets, la création de formulaires d’évaluation, le recours à un comité d’évaluation technique…) de même qu’un suivi administratif accru ont permis de faire face à certaines de ces dérives. Depuis l’année 2007, les projets qui n’ont pas répondu aux attentes exprimées ont dû remettre à la FMSH les sommes avancées non justifiées.


Article tiré du site : http://www.prefalc.msh-paris.fr
Rubrique:  Bilans Prefalc